La communication en dyade : observer l’inconscient dans l’échange
- AVIS AU LECTEUR ; Bien Que Je Reçoive Parfois en Psychothérapie des Individus Malheureux dans leur Vie de Couple, JE N’EFFECTUE PAS DE PSYCHOTHÉRAPIE DE COUPLE. Voir les sites de l’ordre des psychologues du Québec (OPQ) à cet effet ou le site de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux (OTSTCFQ).
L’essence Psychologique de la Relation
Dans toute relation — intime, sociale ou professionnelle — la communication ne se limite jamais à un échange d’informations. Comme le souligne le Dr Paul Simard, un confrère qui a une solide expertise en thérapie conjugale,. La communication mobilise toujours un monde interne : des représentations issues de notre histoire relationnelle, chargées d’émotions et soutenues par des mécanismes de défense souvent inconscients.
Ainsi, lorsque la tension émotionnelle apparaît, ce qui se joue dépasse largement le contenu des mots. Observer comment nous réagissons dans ces moments devient alors une opportunité précieuse : celle de repérer les limites héritées de nos expériences passées et d’éviter qu’elles ne dictent automatiquement nos réponses.
Le poids du passé dans le présent relationnel – Impact Sur la Communication
Nos relations antérieures façonnent notre manière de percevoir l’autre. De ce fait, inconsciemment, il nous arrive de prêter à notre interlocuteur des intentions ou des traits qui appartiennent en réalité à des figures marquantes de notre histoire.
Exemple clinique courant
Une personne se sent manipulée par un collègue de travail qui lui offre un conseil pourtant bienveillant. Ce qui blesse n’est pas tant l’intention réelle de ce collègue, mais la représentation interne activée : celle d’une figure passée vécue comme probablement contrôlante ou dominante.
Dans ces moments, comme le rappelle le Dr Simard, nous ne réagissons pas à la personne telle qu’elle est, mais à ce qu’elle réveille en nous.
Du Conflit à la Réparation – Un Processus Relationnel Et Non Une Technique
Le processus de résolution ne passe pas d’abord par une meilleure argumentation, mais par un travail psychique en plusieurs étapes :
- Reconnaître ce qui se rejoue en soi
Identifier la représentation négative, l’émotion ou la peur qui s’active dans la relation. - Différencier le présent du passé
Distinguer la personne réelle — avec ses intentions propres — de la figure ancienne qu’elle évoque malgré elle.
Cette différenciation permet alors une réponse plus ajustée : soit accueillir la proposition de l’autre, soit poser une limite claire et assumée, sans attaque ni retrait, en prenant la responsabilité de son propre choix.
Note : Pour arriver a reconnaître ce qui se rejoue en soi, il arrive que l’on doive auparavant diminuer le niveau d’anxiété pour arriver à reconnaître ce qui se rejoue en nous. Un individu dysrégulé émotionnellement n’est pas disponible pour saisir les subtilités de ses ressentis. Il pourra alors avoir tendance à utiliser le clivage comme mécanisme de défense.
Repères Psychologiques Essentiels Qui Influencent Négativement La Communication
Ces deux mécanismes de défense nous sont couteux en énergie psychologiques et et nous limite dans la reconnaissance de ce qui appartient à notre propre monde psychique.
- La projection
Mécanisme par lequel nous attribuons à l’autre des intentions, des émotions ou des jugements qui proviennent en réalité de notre monde intérieur. - Le clivage
Tendance à réduire une situation complexe à une opposition binaire (bon/mauvais, victime/agresseur) afin d’éviter l’inconfort d’une réalité nuancée.

- La mentalisation
Capacité à reconnaître ce que nous ressentons, à le nommer, tout en restant conscient que l’autre possède un univers psychique distinct du nôtre.
Note importante
La projection et le clivage ne sont pas des “erreurs”. Ce sont des mécanismes normaux de défense face à un inconfort psychologique difficile à penser / tolérer. Toutefois leur usage fréquent peut toutefois indiquer une capacité de mentalisation fragile, qui gagnerait à être développée.
Les bases psychologiques d’une communication efficace
On associe souvent la communication à des techniques : reformuler, écouter activement, bien choisir ses mots.
Sur le plan psychologique, tout commence bien avant la parole.
Nous ne communiquons jamais à partir de rien.
Chaque échange est filtré par :
- nos expériences d’attachement,
- notre histoire relationnelle,
- nos blessures anciennes,
- notre état émotionnel du moment.
- nos attentes conscientes et inconscientes,
Dans une relation intime, la communication devient rapidement un lieu de régulation psychique :
se sentir reconnu ou disqualifié, en sécurité ou menacé, proche ou seul.
Lorsque la communication se détériore, il s’agit rarement d’un problème de vocabulaire.
Il s’agit plus souvent d’un enjeu de sécurité émotionnelle, de peur de perdre le lien ou d’une tentative de protection de soi.
👉 Comme le résume bien la perspective du Dr Paul Simard :
la communication efficace n’est pas une performance relationnelle, mais la capacité de rester en lien malgré l’activation émotionnelle, sans basculer dans l’attaque, le retrait ou la fermeture.
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Questions d’ouverture pour une réflexion personnelle ou une discussion de groupe
- À quel moment sentez-vous que la communication cesse d’être un échange pour devenir une forme de protection ?
- Qu’est-ce qui, chez vous, s’active ou se ferme le plus rapidement lorsque le dialogue devient tendu ?
- Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’on n’écoute plus vraiment l’autre, même en ayant l’impression de le faire ?
L’essentiel à retenir
Communiquer efficacement dans la dyade — et particulièrement dans le couple — ce n’est pas mieux parler,
c’est mieux comprendre ce qui s’active en soi pendant que l’on parle à l’autre.Dr. P. Simard

